Les propositions de l’AFNUM pour accélérer l’installation d’infrastructures numériques en France
10 février 2026

Organisé à Paris en février 2025, le Sommet pour l’Action sur l’Intelligence Artificielle a illustré la capacité de la France à concevoir les technologies de demain. En fédérant décideurs, chercheurs et entrepreneurs, cette rencontre a permis de forger une vision partagée : celle d’une IA performante, éthique et ancrée dans nos valeurs, confirmant le rôle moteur de la France dans cette révolution technologique et économique. Si ce sommet a ancré une ambition française dans le domaine de l’IA, il est désormais temps de concrétiser ces intentions en bâtissant les infrastructures numériques qui feront de la France un pôle incontournable d’innovation.
Pour ce faire, l’adaptation de la législation est plus que jamais nécessaire afin de renforcer notre compétitivité, notre attractivité et notre résilience. Dans une course internationale qui s’intensifie, la France a l’opportunité de se positionner comme le hub d’infrastructure le plus attractif et compétitif d’Europe pour les acteurs mondiaux et européens. En investissant dans des infrastructures résilientes sur notre sol, nous nous assurons de ne pas être spectateurs, mais pionniers des grandes transformations technologiques de demain.
Les témoignages des porteurs de projets numériques interrogés par l’AFNUM révèlent toutefois la nature des obstacles auxquels ils se heurtent : « coûts hors normes », « enchevêtrement réglementaire », « véritable parcours du combattant administratif », « nombreuses difficultés à lancer des projets stratégiques numériques ». Ces expressions, désormais familières dans le secteur, traduisent une difficulté persistante à faire émerger des infrastructures numériques en France. Et ce, malgré la reconnaissance incontestée du rôle stratégique de ces infrastructures pour la compétitivité technologique de la France à l’échelle mondiale et pour la réussite de sa transition écologique. Dans le domaine des centres de données, le déploiement demeure entravé par des procédures longues, incertaines et largement inadaptées au rythme d’exécution que ces projets exigent.
Les délais de raccordement électrique, la complexité des autorisations, la multiplication des niveaux d’instruction, les contentieux dilatoires sont autant de freins qui découragent l’investissement et fragilisent notre attractivité face à des pays voisins plus réactifs.
A titre d’exemple, la planification et la construction d’un centre de données peuvent prendre plus de 5 ans en France1 alors qu’ils n’en requièrent que 2 en Espagne.
Les sites « clés en main », identifiés par le gouvernement lors du sommet IA et censés résoudre ces obstacles, ne s’avèrent pas toujours adéquats malgré leur nombre en augmentation. Cette situation est d’autant plus préoccupante que la France ambitionne de devenir un leader européen du numérique durable, de l’intelligence artificielle, du cloud et des réseaux à très haut débit. Les acteurs de l’industrie numérique ne réclament pas un affaiblissement des exigences environnementales ou démocratiques. Ils demandent un cadre plus clair, plus lisible, plus rapide — un cadre, à la hauteur des ambitions affichées en matière de réindustrialisation, d’excellence numérique et de transition écologique.
C’est dans cet esprit que l’Alliance Française des Industries du Numérique (AFNUM), association professionnelle réunissant plus de 60 industriels du numérique de toutes tailles, formule huit propositions concrètes pour simplifier l’installation des infrastructures numériques sur notre territoire.
Ces recommandations visent à renforcer l’efficacité des procédures existantes, à créer les conditions d’un dialogue territorial apaisé, et à sécuriser les investissements dans la durée. Car la France ne pourra pas devenir une championne mondiale de l’IA, assurer son indépendance et poursuivre sa transition numérique sans capacité à déployer, ici et maintenant, les équipements qui rendent tout cela possible.
